BIN ICH EINE BERLINERIN ?

Weiss es nicht… Histoire d’offrir à Papa, pour son anniversaire, de chouettes souvenirs (je trouve qu’il n’y a pas mieux, comme cadeau, que des souvenirs. Ils sont en effet illimités, se patinent et se lustrent magnifiquement avec le temps, ils peuvent être sélectionnés ou non, embellis, inventés parfois, bref, j’adooOOOore), nous l’emmenons donc en Allemagne, à Berlin pour être précis. Vous savez bien sûr que cette ville a connu divers revers (je m’entraine aux allitérations, pardonnez-moi) et une histoire particulièrement mouvementée au cours du dernier siècle, comme nous allons le voir.

L’arrivée se fait de nuit, et nous nous dirigeons directement vers un hôtel génial, en plein centre de Berlin, sur une artère que les allemands voudraient bien comparer à nos Champs Elysées, sans succès. Les grands magasins sont certes là, mais l’architecture est sans rapport. Berlin a en effet été rasée pour ainsi dire de la carte en 44/45, puis a dû se confronter à une cohabitation capitalisme/communisme qui ne s’est pas fait sans heurt, comprenez no man’s land, tranchées et mur, bien sûr.

Des amis nous avaient prévenu, il fait froid dans ce pays ! PaMan passent une première journée à se les geler, mais aussi à visiter le nouveau Reichtag et son dôme futuriste (je crois que l’ancien Reichtag a été la proie d’un pyromane du nom d’Adolf, les allemands n’ont pas perdu au change), qui sert tour à tour de puits de lumière de climatisation et de symbole à l’assemblée nationale locale. De symbole car le peuple se promène au-dessus de ladite assemblée, exerçant ainsi une surveillance sur les instances du pouvoir.

reichtag kupel

Le Bundestag est tout près de la fameuse porte de Brandebourg, sous laquelle nous allons bientôt passer.

branderburger tor

Ce monument, datant de la fin du 18ème, est… monumental (fair enough, diraient certains anglais), il était avant 89 pile poil sur la ligne de démarcation entre les 2 Berlin (mais à l’est, ceci étant). L’immense avenue qui se trace depuis la porte est toute neuve, flanquée notamment de l’ambassade de France, dont l’entrée, logiquement située sur la Pariser Platz, est jonchée de messages à l’attention d’un certain Charlie, je ne comprends pas bien.

voltaire

Au loin, j’aperçois une immense sucette, qui mesure parait-il plus de 300m de hauteur, et qui en impose un peu. Papa se fait plaisir en m’apprenant le concept de trompe l’œil, en faisant un peu de tuning architectural sur cette pauvre église…

tour eglise

Chui morte de rire, mais il commence à neiger, et le froid s’intensifie, c’est le moment rêvé pour aller visiter, et se recueillir sur le Mémorial de l’Holocauste. Cette place, hérissée de centaines de blocs de béton, est d’une tristesse absolue, mais ce n’est rien comparé au sous-sol, qui retrace l’histoire de la Shoah, la grande (les camps, les ségrégations…) et la petite, celle de familles et de particuliers, qui ont le plus souvent vu leur vie très raccourcie.

memorial

Pardonnez-moi, j’en pleure encore en écrivant ces lignes. Cette visite, bien que très triste, est également très indispensable, surtout en ces temps que PaMan qualifient de troublés, et nous nous recueillons longtemps.

Une boisson chaude plus tard, nous continuons la balade Unter den Linden, et finissons par croiser de vieux monuments, comme la cathédrale Berlin, magistrale, et le Rathaus, la mairie pour les ignares qui ne parleraient pas la langue de Goethe, toute de briques revêtue, et qui en impose un peu au milieu de tous ces bâtiments modernes et au goût souvent douteux.

Vous connaissez mon amour pour la cuisine et les petits plats, vous ne serez donc point étonnés que le dîner soit ce soir exceptionnel. PaMan mangeront en effet végétalien, ni viande, ni poisson, ni œuf, ni produit laitier donc, dans un restaurant typique de gastronomie allemande ! Cherchez l’erreur. Pa mange du magret de non-canard, tandis que Man s’enfile des non-saucisses, avant de partager un fantastique gâteau sans œuf ni crème, nappé, vous l’aurez maintenant compris, de non-chantilly. Une expérience plutôt drôle, donc, qui nous ramène au Candle 79, un autre restau vegan, situé à NYC, où nous avions fait nos premières armes de strict végétalisme …

Après une excellente nuit de sommeil, la journée s’ouvre sur un morne ciel, et les musées nous attendent ! Modern Kunst d’abord,

national gallerie

c qui le gars derriere maman

Qui est donc ce type, derrière Maman?

Un peu trop moderne d’ailleurs pour ne pas rester hermétique aux sensibilités de PaMan, puis un drôlatique (si pris au second degré) musée de la RDA, qui je vous le rappelle n’est pas si loin derrière nous, 25 ans seulement.

ddr museum

Balade en Traby et essayage d’une garde-robe d’époque plus tard, nous nous interrogeons sur la maxime qui était un vrai tube dans la république « « « démocratique » » » : ce que vous n’avez pas ne peut tomber en panne… Un vrai programme politique, j’vous dis !

Si vous pensez que nous avons oublié le mur, vous vous trompez, car nous errons le long des kilomètres de galerie à ciel ouvert, dont le support n’est autre que… ce fameux mur !! Je suis un peu déçue pour Papa que la portion peinte par Keith Haring n’ai été retirée, mais de belles œuvres restent malgré les signatures débiles de touristes abrutis par une célébrité putative…

mur

Le retour vers l’hôtel se fait de nuit, et nous observons, un peu émus, l’église du Souvenir, ou plutôt ses vestiges.

eglise du souvenir

Cette cathédrale a été presqu’entièrement détruite en 44, et les allemands ont choisi de la garder telle que, sur pied, afin de garder en mémoire les tenants et les aboutissants de la montée du fascisme ; l’impression de tristesse qui en découle est remarquable, mais les leçons sont apparemment retenues.

Un dîner italien plus tard (la nourriture allemande, ça va bien un moment), PaMan basculent lentement vers leur dernière journée, et après un peu de magasinage, le retour se fait sans encombre…

Vous qui arrivez à cette fin de lecture, vous demandez-vous si ce billet n’est pas plus bizarre que les autres ? N’avez-vous pas constaté, lecteurs assidus et attentifs, que les nous s’entrechoquent allègrement avec les eux ? Oui, on me dit dans l’oreillette qu’il y a bien eu faille dans le continuum spatiotemporel, et que j’ai passé ces quelques jours en compagnie de PaMie, à Thyez, puis à Flaine.

J’en appelle à Schrödinger, son chat et son paradoxe quantique, mais je crois bien qu’au final, ich bin keine Berlinerin…

Küsse, Alix.

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